L’histoire de notre accouchement : une expérience au pays des merveilles

Toute future maman a un accouchement rêvé, ou du moins un scénario idéal même si jamais rien ne se passe comme dans nos rêves. Je rêvais d’un accouchement naturel (ou accouchement physiologique), sans péridurale, en symbiose avec le papa, pas trop long pour accepter la douleur… j’ai été plus que chanceuse, c’est ce que j’ai vécu. Tout ne s’est pas déroulé exactement comme dans notre idéal à tous les deux, mais lˋessentiel était là et c’est absolument certain que la naissance de Nino est le plus intense, le plus beau jour de notre vie.

« Un accouchement sans péridurale » est une phrase qui faisait partie de mon top 3 des choses que je voulais absolument, absolument, ABSOLUMENT lorsque j’étais enceinte (voire même avant ça). Sentir mon corps « travailler » pour que bébé arrive, ressentir les émotions qui vont avec, accompagner pleinement mon bébé dans sa venue dans notre monde, oh je trouve ça si beau. Pendant ma grossesse, je n’ai rencontré qu’une ou deux femmes qui souhaitaient aussi vivre ça, on me répondait davantage : « C’est ce que tu veux maintenant, mais sur le coup tu verras ce sera différent, peut-être pour un deuxième enfant ! » ou encore : « Pourquoi souffrir quand on peut l’éviter? ». Moi, justement, le côté primaire ou animal de cette expérience me donnait envie, et même si c’est plus rare de voir une primipare (une femme enceinte de son premier enfant) accoucher sans péridurale, j’y tenais vraiment. Alors j’ai tout fait pour me préparer tant que possible et mettre toutes les chances de notre côté pour y arriver le jour J : yoga et méditation, haptonomie, piscine, cours de préparation à la naissance également en piscine… En majeure partie, cette préparation s’effectuait seule, par moi-même et pour moi-même. Et pourtant, la place et le rôle de Kiko dans « notre accouchement à 3 » a été inestimable. Allez, j’entre dans la confidence, c’est parti pour l’histoire de notre accouchement…

Tout a commencé le mardi 1er mai 2018, au soir, après une belle journée de printemps passée à 2. Juste avant de dormir, on pratique l’haptonomie avec Kiko, il me masse et me fait des centrages qui me soulagent tellement le corps, on parle à bébé… D’un coup, je sens dans mon ventre comme une descente, cette sensation de chute d’un étage dans un ascenseur, rien de douloureux mais très surprenant. Sur le coup, je ne m’inquiète pas, je reste étonnée mais on se couche (j’ai appris bien plus tard que c’était en réalité bébé qui avait entamé sa descente dans mon bassin). Quelques minutes plus tard, la première vraie contraction arrive. Je dis « vraie » parce que j’avais eu des contractions tous les jours pendant un bon mois déjà, mais cette contraction là était différente. On m’avait souvent dit : « Tu sauras quand le travail commence », je n’arrivais pas à comprendre ce que ça voulait dire, et bien là j’avais compris. Il est alors 23h et très vite, j’ai eu des contractions toutes les 5mn environ. Les larmes aux yeux, on se dit que c’est parti, on peut mettre en place toute notre préparation, on sort le ballon dans le salon et on s’installe tous les deux pour accompagner bébé dans sa descente et accompagner au mieux les contractions. On entre dans notre bulle, nos quatre mains sur mon ventre, on est avec toi notre bébé… Entre émotions et rigolades, 2h se passent, les contractions s’intensifient, on décide alors de partir à la maternité située à 5mn de chez nous.

Une fois sur place, après examen et monitoring, et même si les contractions sont rapprochées, on en est qu’au début. On a alors 2 options : soit on rentre chez nous parce qu’on vit pas loin, soit on patiente sur place au risque d’attendre fort fort longtemps. On ne se pose même pas la question, un regard suffit, on rentre à la maison ! Il est alors 3h du matin. Pure coïncidence ou réaction un peu trop « à l’aise » de mon corps, à peine le pied posé à la maison, les contractions doublent en intensité. Les postures prises au début ne me soulagent plus, on en essaye plusieurs autres jusqu’à trouver LA position qu’il me faut. C’est là que je m’auto-remercie pour toute la préparation que j’ai suivi en amont. Une fois encore, 2h passent, on sent que bébé progresse dans mon bassin, les contractions deviennent si fortes… on doit repartir, là j’en suis sûre, le travail a avancé. Après un selfie très pixellisé mais souvenir quand même de notre dernier moment passé à 2 dans l’appart, on prend la route. Mais c’est dur, très dur. Je dois faire stopper Kiko à chaque contraction parce qu’avancer en voiture me fait trop mal, heureusement que c’est la nuit, la route est déserte !

De retour à la maternité, j’avance péniblement pas à pas, on nous installe de nouveau dans la petite salle, mon col est alors dilaté à 7cm. J’enfile une blouse de la maternité, on me pose le monitoring, la sage-femme part et je me lève aussitôt (hors de question de rester allongée, il n’y a pas pire position pour gérer les contractions). Quelques minutes plus tard, presque assise au sol, les bras posés sur les genoux de Kiko, je perds les eaux… et je sens que je dois poussée. IMMÉDIATEMENT. Kiko appelle vite à l’aide, l’équipe médicale un peu surprise par la rapidité des faits (10mn avant, on venait d’arriver) prépare une salle d’accouchement en urgence, on me demande ensuite si je veux un fauteuil pour y aller. La perspective de la douleur une fois assise me fait vite répondre : « Non, j’y vais en marchant ! ». J’ai regardé cette ligne droite comme une marathonienne qui entrevoit la ligne d’arrivée, comme si j’avais la musique de Rocky Balboa dans la tête (j’adore Rocky), et même si j’ai dû faire deux pauses « contractions » avant d’y arriver. À peine dans la salle, une contraction si forte arrive, je fais tout de suite asseoir Kiko pour me tenir à ses genoux, je dois pousser, bébé arrive. Sauf qu’on doit absolument me poser un catéther. L’infirmière missionné a été super, elle l’a posé quand je lui ai dit « Top! » et dès qu’elle a fini, elle a levé les mains comme dans les concours de cuisine, et elle a fini pile poil avant le début d’une contraction. Une fois installée sur la chaise d’accouchement, Kiko est déjà en blouse (qu’il a enfilé en 2 secondes 30), je demande à relever la chaise pour être quasiment assise. La douleur est présente, très présente, mais Kiko est là, avec moi, à ma gauche et je dois pousser. À ce moment-là, mes yeux sont fermés, je me concentre énormément pour gérer la douleur et mettre en pratique la technique de respiration que j´avais apprise. La première fois, je n’y arrive pas bien, la sage-femme me fait toucher la tête de bébé pour m’aider, et comme un déclic immédiat (dans ma tête, je me suis dit « Il ne faut pas qu’il souffre! »), en 2 ou 3 poussées, bébé était là. J’ai pû l’attraper et le déposer sur mon ventre… Je vous laisse imaginer notre état à Kiko et moi, en pleurs, si heureux, complètement émerveillés par notre bébé. On nous demande: « Alors, c’est une fille ou un garçon ?? ». On ne le savait toujours pas, on n’avait même pas pensé à regarder à tel point on était ancré dans l’instant. On a levé le drap… on s’est regardé tous les 2 et on a dit en coeur: « C’est un garçon ! ».

Il est 6h10 en ce mercredi 2 mai 2018, Julián (Abdallah, Marcos) SCHAMEL VIDELA est né. Notre enfant, notre amour.

On a eu de la chance, tellement de chance que tout se soit passé si bien, si vite, sans complication ni pour bébé ni pour moi. J’en suis vraiment consciente, avec Kiko, on a vraiment passé 7h au pays des merveilles. Parmi les petits regrets qu’on a aujourd’hui, si il faut en citer un, il y a la coupe du cordon ombilical. On y tenait, on voulait attendre qu’il arrête de battre avant de le couper mais sur le coup et dans la précipitation, on n’a pas fait de résistance. Mais vous voyez, ça n’est pas grand chose par rapport à toutes les belles choses qu’on a vécu ce jour-là et que la vie nous a offert.

Peut-être que notre histoire vous donnera des idées, peut-être pas, j’espère en tous cas qu’elle vous aura plu. Si vous avez des questions, vous le savez, n’hésitez pas.

Je vous embrasse,

Nini

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